Retour sur les conférences : « Éduquer avec bienveillance »

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Entre mars et octobre, vous avez été plus de 80 à vous mobiliser pour assister aux conférences de Sophie Marie (son prénom c’est Sophie ;)) spéciales « Éduquer avec bienveillance », pour comprendre nos enfants et les aider à grandir en confiance. MERCI !

Ce cycle de conférences était gratuit. Parce que chez Eponyme (la petite entreprise qui se cache derrière Little), nous avons à cœur de partager une éducation plus structurante et bienveillante, nous avons fait le choix de les financer pour en faire profiter un large public, bien au-delà des familles de nos structures. C’est notre façon de « faire notre part » – comme le colibri 😉

Et puis, pour ceux qui auraient besoin de se rafraîchir la mémoire ou de partager leur expérience avec leurs amis/familles, voici un petit condensé des bons tuyaux de Sophie – bien que cela ne vaille pas son sourire, ses anecdotes et son humour « en live » !
N’hésitez pas à continuer à partager avec nous, en commentaire !

Ingrid (co-fondatrice d’Eponyme et Little)

Jeudi 30 mars
Comment gérer les cris, les crises et les « caprices » sans crier ?

Avant toute chose, il est important de différencier une émotion (colère, joie tristesse, peur, honte…) d’un sentiment.
 Les émotions dites négatives peuvent facilement mettre une personne en difficulté car elles arrivent toujours de manière soudaine mais trouvent toujours une légitimité :
– la colère va par exemple permettre de repousser ce qui entre dans sa zone de respect
– la peur permet de fuir
– la tristesse est une invitation à « lâcher » pour mieux repartir…

Chez le tout-petit, les émotions remplacent le langage. Mais alors comment les accueillir ?
Il faut tout d’abord garder à l’esprit que la fonction parentale n’est pas d’être des distributeurs de solutions/conseils : « tu aurais dû ». Les conseils non sollicités renvoient à l’incompétence. En revanche il faut savoir faire preuve d’empathie, c’est-à-dire faire le constat de ce qui se passe « je vois que tu es en colère », puis aider son enfant à sortir de l’émotion, grâce à l’écoute empathique.

L’écoute empathique, kesaco ? L’écoute empathique c’est écouter ce qu’il y a l’intérieur de l’autre et se mettre en retrait. En revanche, parce que l’émotion est souvent contagieuse (le rire par exemple), il faut différencier l’empathie de la résonance émotionnelle, celle qui amène à vivre la même émotion que l’autre et qui n’aide en rien pour en sortir. On peut voir les choses du point de vue de l’enfant mais on ne peut jamais vraiment le comprendre. Ce qui est d’ailleurs valable pour n’importe quel individu ! Attention donc au « je comprends » qui est souvent maladroit voire intrusif.

Chez le tout petit, accueillir l’émotion c’est entourer/câliner, lui donner le droit d’être et de ressentir, sans lui demander trop vite de s’expliquer ! En effet, difficile de réfléchir quand on est envahi par une grosse émotion et donc de l’expliquer. Le néo cortex, siège des émotions du cerveau, de l’enfant est immature jusqu’à 25 ans ! C’est donc démontrer scientifiquement : physiquement l’émotion empêche le cerveau de raisonner, il faut attendre qu’elle redescende ! L’enfant n’est donc pas capable de gérer une émotion tout seul. L’accompagner lui permet d’apprendre à les gérer petit à petit et plus facilement. C’est une démarche qui a court sur le long terme mais plus on reçoit de l’empathie plus on l’est.
De quoi espérer, que les enfants de demain deviendront des adultes épanouis et altruistes ! Après l’écoute (silencieuse, tactile ou verbale), il faut refléter l’émotion « comment tu te sens ? », « de quoi tu as besoin ? »
L’important est de toujours maintenir la relation.

Cependant, alors que l’émotion est toujours légitime, l’action (violence, cris…) n’est pas toujours acceptable ! Il est donc nécessaire de fixer des règles de comportement, de poser un cadre. Tandis que menaces et punitions empêchent les enfants d’apprendre, l’apprentissage des règles se fait plus facilement dans un contexte apaisé. Comment y parvenir ?
• Dire plus « oui » pour éviter la frontalité du « non »
• Donner la règle du jeu : « ce que tu peux faire et ne peux pas faire »
• Formuler les règles de manière objective et positive
• Dire ce qui est autorisé plutôt que ce qui est interdit
• Mettre de la bonne humeur dans les règles
• Donner de l’autonomie à l’enfant, le responsabiliser quant aux règles
• Donner de la cohérence et du sens aux règles
• Exprimer ses propres émotions est également important
• Prendre soin de soi pour être capable dans les meilleures conditions possibles pour accueillir les émotions
Et puis garder à l’esprit que se parler en positif demande de l’entrainement, que les règles du jeu sont un apprentissage qu’il faudra répéter, rabâcher, car après tout franchir les règles n’est-ce pas dans la nature humaine ?

Jeudi 8 juin

Éducation : quand les parents ne sont pas d’accord !

Quand on l’impression que tout va mal, que faut-il faire ?
1. Démêler la situation
 :
– identifier les problèmes
– distinguer personne/action/émotion chez le ou la conjoint(e)
– Identifier la nature du désaccord

2. Faire le point :
– Sur soi-même : mes valeurs éducatives / mes émotions / mes attentes (les ai-je formulées ? est-ce que je laisse une chance à mon interlocuteur ?) / mes besoins non-satisfaits / mon stress…
– Sur son couple : nos valeurs / nos valeurs éducatives / Lutte de pouvoir (qui a tort ? qui a raison ?) / nos complémentarités…
– Le couple parental : ce que je lâche / ce que je n’accepte pas / A qui appartient le conflit : le couple ou le couple parental ? / Accepter des façons de faire parfois différentes / Chercher des solutions aux problèmes

3. Résoudre les problèmes :
– Le cerner en une phrase
– Prendre rendez-vous pour regarder le point de vue de l’autre, énoncer son propre point de vue, annoncer le but (trouver une solution qui convient à tous, noter les propositions en commençant par celles de l’autre sans évaluer ni juger, rayer celles qui ne conviennent ni à l’un ni à l’autre, regarder celles que l’on garde et en faire la règle, l’écrire et la signer !
– Se munir d’un papier, d’un stylo et d’une bonne ouverture d’esprit

4. Se souvenir :
– De toujours nourrir toutes les parties de soi-même : homme/femme, amoureux/amoureuse, maman/papa…

Jeudi 12 octobre
Favoriser la confiance et l’estime de soi de son enfant

La confiance et l’estime de soi, c’est un comme un tabouret à 3 pieds :
– le 1er pied : je suis aimable (je suis aimé tel que je suis)
– le 2ème pied : je suis valable (ma vision de moi)
– le 3èmè pied : je suis capable (j’ai confiance en mes compétences)

Concrètement, on fait comment ?
On répond aux besoins de notre Loulou et on apprend quelques habiletés pour ne pas abimer son estime de soi :

1. Besoin d’écoute : 

Prenez le temps, mettez des mots et faites des câlins. L’enfant est dans le moment présent, il joue, il est dans le plaisir. Il va apprendre petit à petit vos règles, vos contraintes liées à la vie. Mais, il faut aussi prendre le temps de jouer, d’être dans l’instant T avec lui

2. Besoin de réparation : 
Permettez à votre enfant, lorsqu’il fait une maladresse, de réparer, de nettoyer l’eau renversée sur la table. En réparant, la relation entre vous et Loulou est restaurée. Pensez à le faire sans jugement (« tu es méchant ») ou encore de le punir.

3. Besoin de compréhension : 
Décrivez les faits sans coller une étiquette indélébile (« tu n’écoutes jamais », « tu es mou »), expliquez avec clarté ce que l’on attend et posez-vous la question de la capacité de votre loulou (son cerveau est en cours de formation, il est haut comme 3 pommes…) à comprendre et à faire ce qu’on lui demande. Et puis parfois, ne pourrait-on pas revoir nos exigences à la baisse ?

4. Besoin d’amour inconditionnel : 
Répétez que vous l’aimerez toujours quoi qu’il fasse !

5. Besoin de valorisation :
Complimentez ses actions – et pas de compliments plats, juste pour la politesse, en tant qu’adulte, on sait bien que c’est du bluff et ça a le don d’irriter ! et reconnaissez son effort. Ex : « tu as enfilé tes chaussures tout seul. Tu dois être fier, non ? »

6. Besoin de confiance :
Accordez de l’autonomie, et puis si votre Loulou de 3 ans part à l’école en tong ou en collant improbable, est-ce si important ? Etre autonome, c’est aussi avoir des goûts vestimentaires. A méditer ;-). 
Pensez à aménager son environnement (voir nos supers ateliers Montessori à la maison !) et à lui donner des responsabilités. Quelle fierté pour un Loulou de 3 ans de vider le lave-vaisselle ! A 12 ans, il faudra trouver d’autres responsabilités parce que le lave-vaisselle, tout le monde le sait, ça ne marche plus !

Et pour finir, comme il n’y a pas de parents parfaits, parfois, on dérape parce qu’on est humain, alors on répare, on s’excuse de s’être mis en colère auprès de notre Loulou et… on ne culpabilise pas (trop) !

>> Pour aller plus loin :

– Les ateliers de Sophie www.parentsplus.fr
– « J’ai tout essayé » et « Il me cherche » d’Isabelle Filliozat
– « Vivre heureux avec son enfant » de Catherine Gueguen
– « Le cerveau de notre enfant » du Dr. Siegel
www.papapositive.fr

 

 

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